En France, même si la plupart des enfants sont heureux à l’école, 10 % d’entre eux la considèrent comme un lieu de souffrance. Il est difficile de reconnaitre un élève harcelé, car le harceleur agit de façon cachée et les formes que peut prendre le harcèlement sont souvent interprétées comme de simples chamailleries d’enfants. Les adultes ne s’attardent pas toujours ou pas assez sur certains phénomènes de micro violence, car ils sont considérés comme banals, voire « normaux » dans le cadre des relations entre jeunes et moins jeunes. Or, selon l’enquête menée par Eric Debarbieux, philosophe qui est reconnu pour sa reflexion pedagogique sur la violence a l'école en 2011, un élève de collège sur 10 rencontres des problèmes avec le harcèlement. Le plus souvent, il s’agit d’insultes et de racket. Mais d’autres situations relèvent également du « harcèlement » :
- harcèlement moral : moqueries, surnoms méchants, insultes et menaces ;
- harcèlement physique : lorsqu’on reçoit des coups ou que l’on se retrouve souvent mêlé – sans le vouloir - à des bagarres, lorsqu’on est victime de violence physique ;
- harcèlement d’appropriation : le racket en fait partie, car c’est le vol de biens (objets ou argent) qui nous appartiennent ;
- harcèlement sexuel : lorsqu’une personne cherche à embrasser, déshabiller ou toucher une autre personne contre sa volonté et de manière répétée.
En 2011, l’Unicef France a mené une enquête de victimisation qui vise à déterminer l’état des lieux de la violence à l’école élémentaire. Cette enquête a permis de mesurer le ressenti des enfants dans leur milieu scolaire. D’après les résultats, ce ressenti est largement positif et les enfants aiment l’école, mais il ne faut cependant pas oublier ceux qui y souffrent.
En 2012, face au phénomène de harcèlement à l’école, l’Unicef s’est associée au ministère de l’Education nationale autour d’une campagne de sensibilisation appelée « Agir contre le harcèlement à l’école ». La campagne s’est faite sous forme de petits films diffusés sur les réseaux sociaux et à la télévision ; d’autres outils tels que des dossiers et un site Internet ont été mis à disposition du public afin de sensibiliser le plus grand nombre.